Grandir à l’étranger, c’est comment ?

par marinel_voyage
marinel_voyage

  Du haut de mes 23 ans, je reconnais avoir eu la chance de pouvoir visiter plein de pays différents et d’avoir résidé 14 ans à l’étranger (Jordanie, Etats-Unis, Yémen, Singapour et…

 

Du haut de mes 23 ans, je reconnais avoir eu la chance de pouvoir visiter plein de pays différents et d’avoir résidé 14 ans à l’étranger (Jordanie, Etats-Unis, Yémen, Singapour et Brésil). On est tous d’accord pour dire que j’ai eu une enfance et une adolescence plutôt atypique, à voyager, apprendre des langues étrangères, découvrir d’autres cultures et voir des paysages magnifiques!! Ça m’a apporté énormément de choses, m’a permis d’avoir une certaine ouverture d’esprit, d’être hyper à l’aise avec les langues étrangères, et pour ça, oui, j’en suis reconnaissante.

Pour répondre à la question : “et comment ça se fait que tu aies autant voyagé ?”, mes parents étaient agents du Ministère des affaires étrangères. On déménageait tous les trois ou quatre ans: trois ans dans un pays, puis trois ans dans un autre avant de revenir trois ans en France et ainsi de suite… On m’a souvent demandé si je voulais faire le même métier qu’eux, étant donné que je parle plusieurs langues, que je suis habituée à changer d’endroit et que j’ai fait des études de langues étrangères appliquées. La réponse est non, même si je dois avouer que pendant un certain temps c’était mon plan B (sous réserve que je réussisse un concours très sélectif, bien entendu). Mais plus le temps passe, plus je me rend compte que c’était mon plan B car beaucoup de personnes voulaient me voir passer ce concours, et plus je me rend compte que tout simplement je ne veux pas mener une vie de nomade pendant 30 ans, et encore moins l’imposer à l’éventuelle famille que je fonderai un jour. J’ai toujours était attirée par le domaine de la communication et de la photographie. Prendre plusieurs mois pour voyager et faire le tour du monde : ça oui ! Avoir une opportunité pour aller travailler quelques temps à l’étranger : pourquoi pas ! Mais comprenez qu’après avoir été un pigeon voyageur, j’ai cette envie de trouver un endroit, une ville, une région dans laquelle je puisse faire mon nid.

Après cette introduction (plus ou moins longue) j’ai décidé de vous parlez de comment j’ai vécu cette expérience et surtout que vous montrer qu’être enfant de “diplomate” ne rime pas forcément avec chauffeur privé, et vivre H24 sous les tropiques à se dorer la pillule.  Je tiens avant toute chose à préciser que cet article se base sur mon expérience et mon ressenti, et que chaque personne vit les choses de manière différente.

Tout d’abord, permettez moi de déconstruire cette phrase qu’on a tous au moins une fois entendu dans sa vie : “Ah t’habites à *insérer un pays lointain qui fait rêver tout le monde*! C’est les vacances toute l’année pour toi !” … Alors, oui certes on habite peut-être au Brésil ou en Thaïlande, des destinations qui font rêver… mais non on est pas en vacances toute l’année. D’une part nos parents travaillent, car c’est la raison pour laquelle ils ont été mutés à l’autre bout du monde, et puis nous les enfants, nous allons à l’école, au collège et au lycée. Bref, on fait la même chose que si on était en France.

A la recherche de la photo de profil Facebook parfaite ! (Brasilia, 2012)
Si y’a bien un truc à voir à Brasilia, c’est les couchers de soleil (Brasilia 2013)

Pour information, pour les français résidants à l’étranger, la scolarisation n’est pas obligatoire. Plusieurs solutions s’offrent à nous: suivre les cours par le CNED, intégrer un lycée français ou alors une école internationale ou locale. Sachant que dans beaucoup de pays la scolarisation des enfants (peu importe la nationalité) est obligatoire, on se retrouve le plus souvent dans les deux derniers cas de figure. Pour ma part, j’ai fait les deux : maternelle dans des écoles internationales ou américaine, puis à partir du CP j’ai intégrer le système scolaire français. On suit le même programme que dans les écoles en France, et nous avons les même épreuves au Brevet et au Baccalauréat. La seule différence est que c’est le même bâtiment de la petite section à la terminale et qu’on a que trois filières au choix pour le bac : S,L et ES. Ah et aussi, les établissement scolaires français à l’étranger sont privés, donc payants.

Ah le lycée! On est d’accord que l’adolescence n’est pas une période très facile pour tout le monde, et ce, peu importe le continent. Devoir déménager tous les trois ans, laisser ses amies et devoir intégrer un nouveau lycée, quand on est adolescent n’est pas facile.  Pour être honnête, ce n’est pas ce qui a été le plus difficile pour moi. Je voyais plutôt ces déménagements comme des nouveaux départs ou des “nouvelles vies”, et j’avais hâte de découvrir le nouveau pays, d’apprendre une nouvelle langue et de rencontrer des nouvelles personnes !!  Ce qui a été difficile pour moi, et je pense que je ne dois pas avoir été la seule dans ce cas, c’est quand tout allait mal et que j’étais à 15 000 km de ma famille. Je ne vais bien évidement pas rentrer dans les détails mais j’ai très mal vécu mon séjour à Brasilia. Cependant, entre le harcèlement scolaire que je subissais, le laxisme des adultes compétents (professeurs comme parents), le fait de ne pas m’entendre avec un bon nombre de personnes sur place ni d’adhérer à la mentalité des enfants de diplomates ou d’avocats brésiliens et d’autres éléments qui relèvent de ma vie personnelle (encore une fois gardons un peu de mystère et préservons-nous), j’ai fini par mal vivre cet éloignement. Je me répète, mais être loin de personnes qui savent te remonter le moral ou d’adultes qui eux pourraient d’aider à relativiser sur telle ou telle situation, voire même t’aider à te sortir d’une mauvaise passe, c’est très dur.  J’ai parfois eu l’impression d’être seule. Heureusement que Facebook existait déjà pour pouvoir parler de temps en temps à mes amis et à ma famille.

Seulement, Facebook c’est pas la vraie vie. Certes c’est un bon moyen de prendre des nouvelles de nos proches. On est, certes, toujours contents de voir les dernières photos de tes amis au collège (si toi aussi tu rappelles des journées “j’apporte mon appareil photo au lycée” et, et des pages Facebook qui commençaient par “si toi aussi”) ou de l’anniversaire de tes cousins. Tu te dis que ça a l’air d’aller. Mais ce qui est triste c’est de rater des événements marquants, et ne pas être là pour certains pendant des moments difficiles…  J’ai par exemple, mal vécu le fait de ne pas pouvoir aller aux obsèques de mon grand-père. Et pourtant j’étais bien consciente de pourquoi ce n’était pas possible, mais l’idée de me dire que je ne pourrais pas lui dire au revoir m’avait anéanti. Autre événement auquel j’ai regretté de ne pas pouvoir assister, plus positif cette fois-ci, c’était les 18 ans de mes cousins. Les cousins avec qui je jouais aux “petits lutins” quand j’étais petite. Mais bon, j’ai fini par rentrer en France et j’ai pu rattraper le temps perdu .

Les deux derniers paragraphe étant “un poil” triste, j’aimerais terminer cet article sur une note positive.  Je suis certes partie vagabonder aux quatre coins du monde mais j’ai toujours gardé contact avec une amie du primaire (Jeannie) et ma cousine (Natacha, qui m’est d’ailleurs de bon conseil dans la rédaction de mes articles). Et on a finit par se retrouver et rattraper le temps perdu, et ce, comme ci je n’étais jamais partie. Même si j’ai dressé un mauvais portrait de mon adolescence et plus particulièrement de ma vie à Brasilia (qui n’a pas été que négative), j’ai rencontré des superbes personnes avec qui j’ai partagé des souvenirs de dingues, malgré que nos chemins se soient séparés, et avec qui j’essaye de garder contact. Je me permet également de mentionner mes potes de licence avec qui j’ai également partagé des bons moments. Et puis il y a eu le Master ou j’ai rencontré cette bande de personnes aussi timbrés que moi, aussi fan de bière, de How I met Your Mother, et de chansons des années 90’s 2000’s que moi. Vous savez ce genre de personnes qui aujourd’hui habite loin mais que tu trouveras toujours pour te prendre une raclée aux fléchettes … même si on sait tous que y’aura bien un jour où je vous battrais tous  (Quentin, Gladys, Mégane, Marion, Pernelle, Chloé & Sigis).

Voilà, j’espère vous avoir éclairé un peu plus sur ma vie de nomade pendant mon enfance et mon adolescence. Si vous avez un peu plus de questions ou des remarques n’hésitez pas à vous manifester en commentaire et on en discutera volontier ! Sur ce, je vous laisse et je vous retrouve sur Instagram, YouTube et dans un futur article !!

La bise, Marine !

2 commentaires

mytripanecdotes
mytripanecdotes 5 avril 2019 - 17 h 22 min

Article très intéressant et bien écris ! Ma copine est fille d’expat et a donc vécu un peu la même vie (en moins long) : une année en Thailande et 6 à Moscou. Je lui ferais lire ça lui parlera !

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Mathias31
Mathias31 8 avril 2019 - 10 h 29 min

Super article de grande qualité !

Est-ce que tu penses que c’est judicieux de faire beaucoup voyager ses enfants malgré qu’ils soient en bas âge ?

Bonne journée et merci pour l’article

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