Bulgarie : une nuit au Monastère de Rila (Rilski Monastir)

par LaBeletteQuiVoyage
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Monastère de RilaBulgarie

Jusqu’il y a peu, je ne connaissais pas la Bulgarie, et j’avoue que je n’aurais jamais pensé à y aller. Mais voilà, en novembre 2017, j’avais un meeting avec des collaborateurs à Sofia. Chaque fois que j’ai un rendez-vous à l’étranger ou un congrès scientifique, je saisis l’opportunité pour rester quelques jours de plus et visiter les environs. Je suis donc restée à Sofia avec ma BFF (oui, c’est vraiment cool quand ta BFF fait partie de tes collaborateurs!). Mais je repartais 3 jours après elle, et il me fallait faire mon programme de visites. A cette période, j’étais super stressée et j’avais besoin de m’isoler pour me ressourcer : l’appel de la nature se faisait ressentir.

Visite du Monastère de Rila

J’ai commandé le guide Petit Futé sur la Bulgarie, et à chaque page j’étais ébahie par tous ces beaux endroits à découvrir : villages, montagne, mer, j’allais avoir de quoi refaire le plein d’énergie! Sauf que comme les routes ne sont pas toujours tip-top, en 3 jours je ne pouvais pas aller bien loin. Mon choix s’est porté sur les montagnes de Rila, accessibles en 2h de route depuis Sofia, et ce grand monastère, certes très touristique, mais incontournable. Le guide mentionne également qu’il est possible de dormir sur place. Quoi?! Dormir dans un monastère?! Outre le côté insolite, je pouvais déjà ressentir le calme et la sérénité. Ca sera donc mon plan, sous réserve que j’arrive à avoir les bonnes informations!

L’organisation

Le guide donne des renseignements sur les bus et la réservation pour la nuit au monastère de Rila, mais j’ai par habitude de toujours confirmer les infos par un autre moyen (déformation professionnelle sûrement, lol).

Pour le bus, c’est facile, il n’y en a qu’un qui relie Sofia au monastère de Rila. Il part à 10h20 de la station de bus “Ovcha Kupel” et arrive au monastère à 13h. Depuis le centre-ville de Sofia, il faut prendre le tram numéro 5 derrière le palais de justice (rue Lavele). Les arrêts sont annoncés en bulgare, alors comptez le nombre de stations ou demandez aux gens 😉 J’avais le nom de l’arrêt écrit en latin et en cyrillique sur un papier, et ça m’a bien aidée! La tête de la dame quand j’ai essayé de prononcer Ovcha Kupel, loool!

Le trajet dure environ 25min, et quand vous descendez, il faut prendre le boulevard Ovcha Kupel sur la droite pour arriver à la station de bus en 2min. Le billet Sofia – Rila coûte 11 levas (~5,6 euros).
Pour le retour du monastère à Sofia, pareil : il n’y a qu’un bus, et il est à 15h pour une arrivée à 17h20. Donc vous pouvez faire l’aller-retour sur la journée, mais ça ne vous laisse que 2h sur place. C’est suffisant si vous ne voulez voir que le monastère, mais alors vous serez au moment où il y a le plus de touristes…
Vous pouvez aussi prendre des shuttles privés ou des taxis, mais le prix monte vite!

Pour dormir au monastère, là, ça a été un peu plus compliqué… Malgré le numéro de téléphone dans le guide (+359 896 872 010, confirmé quand j’étais sur place), pas moyen de les joindre… Par leur site internet non plus… Et j’avais lu sur un blog que les moines ne parlent que bulgare. Ça ne s’annonçait pas très bien mon histoire… J’ai la chance d’avoir une de mes collaboratrices en Bulgarie (d’où la réunion à Sofia), donc j’ai pu lui demander de les appeler. Sans résultat.

Moi je commençais à stresser: d’un côté je trouvais ça un peu l’aventure de partir sans savoir si effectivement on pouvait dormir sur place, et d’un autre je me demandais comment faire s’il n’y a pas de chambres, sachant que le monastère est perdu dans la montagne… Ma collègue m’a réservé une chambre dans la ville la plus proche, mais quand même galère à rejoindre en bus, et m’a fait promettre de l’appeler en cas de soucis: elle viendra me chercher, même s’il lui faut faire 4h de route aller-retour. Si c’est pas chou ça ♥. Du coup je suis partie beaucoup plus confiante : à l’aventure!

 

Le voyage en bus

Me voilà donc partie direction Ovcha Kupel pour prendre le bus. Je suis arrivée avec 30min d’avance, j’ai pris mon ticket et attendu. Gros suspens sur le bus : à quoi allait-il ressembler? Au final, c’était un mini-bus, pour 20 personnes max. Est-ce que c’est le même format en été, quand il y a la horde de touristes? Alors là, mystère… En tout cas, même s’il n’y avait pas foule, le bus s’est vite rempli et certains ont fait le trajet dans l’allée centrale, assis sur des petits sièges pliables (qui forment un espèce de hamac en tissu, comme au camping!)…

Bulgarie : une nuit au Monastère de Rila (Rilski Monastir)     Les paysages sont jolis, et on a fait une pause dans un petit village, où on a pu descendre prendre l’air. Moi en fait je n’ai pas bougé : je ne voulais ni qu’on me carotte ma place, ni que le bus parte sans moi, loool. Les joies de voyager seule 😉

 

Le monastère

Vers 13h, nous sommes arrivés au monastère. Derrière le grand mur et ses petites fenêtres, c’est grand, c’est impressionnant, c’est beau.

Bulgarie : une nuit au Monastère de Rila (Rilski Monastir)

Mais pas le temps de rêvasser, il me faut chercher le bureau pour réserver ma chambre. Si ça existe bien, et s’il reste de la place…. Le bureau “registration of guests” se trouve au fond à droite, dans le coin, derrière l’église. Mais d’après le panneau, c’est ouvert de 14h à 16h, puis de 18h à 19h. Finalement, je vais avoir 1h pour me promener un peu!

Avant cela, il faut prendre connaissance des règles :
– interdiction de fumer
– tenue convenable (pas de jupes courtes ni de short, pas de t-shirt)
– interdiction de prendre des photos dans l’église et le musée
– interdiction d’accéder aux étages résidentiels
– pas d’animaux
– interdiction de faire du bruit
– règles encore plus strictes dans l’église.

Il ne faut pas l’oublier: même si l’endroit est très touristique, il s’agit d’un lieu de culte et quelques moines orthodoxes y vivent. Le respect est donc primordial.

Bulgarie : une nuit au Monastère de Rila (Rilski Monastir)

 

Le monastère de Rila est le plus grand de Bulgarie et a été classé au Patrimoine Mondial par l’UNESCO en 1983. Il a été fondé au X ème siècle par Ivan Rilski (Saint Jean de Rila) et construit par ses disciples. Rapidement, le monastère est devenu un grand centre religieux, avec une apogée entre le XII ème et XIV ème siècles. Malheureusement, la chute fut brutale avec l’arrivée des Ottomans, la destruction des bâtiments et les pillages. Au XV ème siècle, l’église orthodoxe russe a aidé à la reconstruction, et le monastère est devenu un centre de référence culturel et littéraire. Il a accueilli de nombreux religieux de la culture orthodoxe, mais également de nombreux écrivains et artistes.

Suite à l’incendie de 1833, il a de nouveau été reconstruit, grâce à la générosité de familles bulgares : c’est dire à quel point le monastère de Rila a une place importante! Seule la tour Hrélio, qui date de 1335, a survécu; le reste des bâtiments que l’on voit aujourd’hui sont du XIX ème siècle.

Le monastère a une forme en quadrilatère et est délimité par des bâtiments résidentiels de 4 étages. On y trouve plus de 300 cellules monacales, 4 chapelles, une immense cuisine (qu’il est apparemment possible de visiter), une bibliothèque et des chambres d’invités. Ils s’organisent autour d’une cours centrale, où se situent la tour Hrélio et l’église, ainsi que des points d’eau.

Bulgarie : une nuit au Monastère de Rila (Rilski Monastir)

L’église a été construite entre 1834 et 1837, et possède 5 dômes et 2 chapelles. Les murs extérieurs sont magnifiquement peints! L’intérieur possède de nombreuses icônes, ainsi que les reliques de Saint Jean de Rila.

Bulgarie : une nuit au Monastère de Rila (Rilski Monastir)

 

Après avoir fait un tour, je suis retournée au bureau pour tenter d’avoir une chambre. Nous étions 3 à attendre, et c’est là que j’ai fait la connaissance de Béatrice, une allemande de mon age faisant un road-trip en solitaire dans les Balkans. Le moine qui nous a reçues était austère et pas très causant, mais on a pu communiquer un peu en anglais (ouf!). Il a demandé les passeports pour faire des copies, et demandé pour combien de nuits on restait. Il nous a dit que les portes sont fermées à 21h, et que même si on sonne, personne ne viendra ouvrir avant le lendemain matin… Après avoir payé 25 levas (~13 euros) et récupéré une clé, j’étais enfin sûre d’une chose : j’allais passer la nuit au monastère! 🙂

Je vous passe le moment où j’étais dans la cours avec mon sac à dos et ma clé, complètement perdue parce que je n’avais pas compris où étaient les chambres… lol. Il y a des signes d’interdiction sur quasi toutes les portes et les escaliers, donc même avec la clé-sésame, c’est pas facile de savoir par où passer 😉 Au final, on m’a dirigée vers le bon escalier, j’ai passé la chaîne qui bloque le passage pour les touristes (hi hi hi) et me voilà au 2ème étage, prête à découvrir ma chambre.

Bulgarie : une nuit au Monastère de Rila (Rilski Monastir)     Je m’attendais à des dortoirs et à une salle de bain commune sur le palier, mais pas du tout! Vu la période, l’endroit était relativement peu fréquenté, et j’ai eu la chambre à moi toute seule. Pas sûr que ça soit pareil en été…

 

Visite autour du monastère de Rila

La nuit tombe vite en hiver, alors j’ai posé mes affaires et je suis partie directement en exploration autour du monastère. En passant par la porte située à l’arrière, on arrive sur un grand bâtiment où se trouvent une boulangerie, un hôtel et un restaurant. En fait, la “boulangerie” est cette petite fenêtre à coté de la porte encadrée de blanc. Donc ne vous imaginez pas du gros pain et des croissants : ils sont plutôt du genre beignets bien gras 😉

Bulgarie : une nuit au Monastère de Rila (Rilski Monastir)

 

En prenant le chemin qui descend sur la droite, on arrive au cimetière et à une petite chapelle. Il faut pousser la porte en bois pour y accéder, mais on ne peut pas entrer dans la chapelle, qui est à l’étage et semble un peu abandonnée.

Bulgarie : une nuit au Monastère de Rila (Rilski Monastir)

Bulgarie : une nuit au Monastère de Rila (Rilski Monastir)

Bulgarie : une nuit au Monastère de Rila (Rilski Monastir)

Je suis ensuite remontée et passée derrière l’hôtel, pour une balade dans la forêt, de l’autre côté de la rivière. On a une vue sur le monastère, entre les arbres, mais à part ça il n’y a rien de spécial. J’ai quand même exploré les petits chemins, faisant demi-tour de nombreuses fois, et pataugeant dans la boue.

Bulgarie : une nuit au Monastère de Rila (Rilski Monastir)

 

La nuit au monastère de Rila

En rentrant, j’ai croisé Béatrice. On a discuté un peu, pas très sûres l’une et l’autre, et on a réalisé qu’on voulait toutes les deux aller à la grotte de Saint Jean de Rila le lendemain. Du coup elle m’a proposé timidement d’y aller ensemble. Et de façon surprenante, j’ai dit oui. C’est surprenant, parce que j’étais venue ici pour m’isoler, me ressourcer et clairement pour faire mon asociale. Comme quoi, j’ai beau faire des plans, la vie trouve toujours un moyen de me surprendre…

La nuit commençait à tomber, le monastère se vidait de ses touristes. Quel calme soudainement! De quoi apprécier encore plus la sérénité des lieux.

Bulgarie Montagne

Comme je n’avais pas envie de rentrer m’enfermer dans la chambre, je me suis couverte chaudement (fin novembre, ça pèle grave en montagne) et je me suis assise sur des marches en face de l’église, pour lire mon livre. Mais je ne suis pas restée longtemps : des moines sont passés à côté de moi pour se rendre dans une chapelle, et l’un d’eux m’a parlé en bulgare et ne semblait pas trop content. Ou alors c’était juste son look austère?

Au final, je ne sais pas si je n’avais pas le droit d’être assise ici, ou si c’était une invitation pour le service religieux… De toutes façons, il n’y avait plus assez de lumière pour lire, et j’avais faim. Je suis partie manger à l’hôtel-restaurant derrière le monastère, et à part la famille du propriétaire, il n’y avait personne.

 

Bulgarie Montagne

En rentrant, j’ai pu apprécier des chants orthodoxes venant de la chapelle. Il était encore tôt, mais le grand air m’avait crevée, et surtout, j’avais super froid. J’ai allumé le radiateur dans la chambre, mais il ne fonctionnait pas… Ouille, j’ai senti de suite que la nuit allait être difficile… J’ai pris la douche pour me réchauffer, mais quand la salle de bain entière fait office de cabine de douche et que le chauffage ne marche pas, c’est pas super agréable. Mais au moins, il y avait de l’eau chaude 🙂

J’ai piqué les couvertures des autres lits, et je me suis retrouvée sous 8 couches de ces grosses couvertures en laine. C’était tellement lourd que je n’ai pas bougé de la nuit loool. Au final j’ai bien dormi, et j’étais heureuse de constater que le chauffage s’était mis en route pendant la nuit 😉

Le lendemain, je suis retournée au restaurant derrière le monastère, pour prendre mon petit dej. Le propriétaire m’a demandé mon programme du jour, et il m’a recommandé d’attendre l’après-midi pour aller à la grotte. Le soleil reste derrière les montagnes en matinée et il a eu peur que j’aie trop froid avec mon petit manteau… D’ailleurs, il m’a demandé comment s’était passée la nuit là-bas, et si je n’avais pas eu trop froid, ahah!

Bulgarie Montagne

 

La grotte de Saint Jean de Rila

On est censé rendre la clé de la chambre avant 10h à la réception du musée, mais comme il n’y avait presque personne, j’ai eu l’autorisation de la rendre plus tard. Du coup j’ai pu laisser mes affaires dans la chambre, pendant que je partais en rando avec Béatrice. Malgré les recommandations du proprio de l’hôtel, nous sommes quand même parties tôt le matin. En fait on n’avait pas le choix : on prenait toutes les deux le bus de retour pour Sofia à 15h.

Pour la petite histoire, Saint Jean de Rila cherchait un lieu isolé pour se retirer et prier. Il arriva ainsi dans les montagnes de Rila et resta de nombreuses années dans une grotte, dormant même le sol, loin de tout. Il était très respecté et considéré comme un prophète. Ce n’est que vers la fin de sa vie qu’il accepta de construire un monastère. Sa grotte se trouve à quelques kilomètres de là et est facilement accessible à pieds.

Nous sommes parties par la route à l’arrière du monastère, celle qui longe l’hôtel-restaurant. C’est goudronné et relativement plat (180m de dénivelé), et effectivement on a fait le trajet à l’ombre. On a mis 50min pour parcourir les 4km jusqu’au parking, en marchant tranquillement. Ca nous a laissé le temps de faire connaissance et de nous trouver de nombreux points communs! Elle aussi venait là pour s’isoler, elle aussi part souvent en voyage, elle aussi travaille dans un métier de la santé… On s’est bien trouvées, et la rando en a été super agréable 🙂

Bulgarie Montagne

Depuis le parking, qui se situe dans une courbe de la route, on quitte le goudron pour enfin marcher dans la forêt. Le chemin se trouve sur la gauche, et de grands panneaux nous montrent la voie. Ça monte, il y a de nombreuses roches sur le chemin, mais c’est balisé par un trait rouge et des cordelettes accrochées au fur et à mesure. La balade est superbe!

Bulgarie Montagne

Bulgarie Montagne

On a mis 20min à atteindre l’église qui a été construite à côté de la grotte. Malheureusement, on n’a pas pu y entrer.

Bulgarie Montagne

Bulgarie Montagne

Sur la droite, des escaliers montent vers la fameuse grotte (attention à la tête, ahah). Il fait complètement noir à l’intérieur, mais avec nos lampes de téléphone, nous avons pu voir la roche ayant servi de lit à Saint Jean, recouverte d’icônes. En continuant sur la droite dans la grotte, on a pu voir une petite échelle et une ouverture en haut, d’où passait la lumière du jour. Il est possible de sortir de la grotte par ici, mais je vous préviens, c’est assez exigu! Pas moyen de passer avec les sacs à dos, et c’est une étrange sensation que de s’extirper de terre entre ces grosses roches!

Bulgarie Montagne

Bulgarie Montagne

On a ensuite continué le chemin qui monte, pour arriver en 3min au niveau de la source de Saint Lucas. De quoi boire un peu, et qui sait, réaliser nos vœux, si notre cœur est pur et pieux 😉

Bulgarie Montagne

Le chemin continue de monter, mais ne mène nulle part. On a fini par un peu d’escalade sur des roches, hors du sentier, pour se hisser en hauteur et faire un arrêt de contemplation. Côte à côte et en silence, nous avons admiré les montagnes un long moment.

Bulgarie Montagne

Bulgarie Montagne

Nous avons pris notre temps, et remis la machine à papote en route sur le chemin de retour. Le temps de prendre un petit beignet à la boulangerie, de faire un nouveau tour dans le monastère et de récupérer les sacs, c’était l’heure de reprendre le bus pour Sofia…

 

Épilogue de ce voyage au Monastère de Rila

Encore une fois, un déplacement professionnel s’est transformé en une belle découverte! Entre le monastère en lui-même et les montagnes du Rila, j’ai passé un moment magique dans un environnement magnifique. J’y ai gagné une copine, et j’ai pu me ressourcer : perfect combo !

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1 commentaire

Rila, Bulgarie : Découverte des 7 lacs - Incontournable Goyav 23 juillet 2019 - 12 h 31 min

[…] De l’autre côté de la montagne, et apparemment accessible par une journée de rando (2h de route), se trouve le monastère de Rila. C’est un endroit magnifique qui vaut le détour, et où vous pouvez même passer la nuit. Je vous raconte mon expérience ici. […]

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